Historique

À la fin des années 1960, sous la houlette du Père Léger Comeau et avec l’aide du secrétaire d’état du Canada, Gérard Pelletier, les communautés acadiennes et les francophones de la Nouvelle-Écosse décident de créer un organisme provincial qui leur permette de se rejoindre et de travailler ensemble pour lutter contre l’isolement et aider au développement de toutes les communautés.  C’est ainsi que s’est créée la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, qui réunit sous le terme « acadien » tous les francophones qui veulent travailler à l’épanouissement de leur collectivité.  La FANE, dont notre région fait maintenant partie, a fêté en 2008 son quarantième anniversaire.

Durant ses premières années, la priorité provinciale va aux régions les plus fortement « acadiennes » par l’histoire et par la démographie : les régions de la Baie Sainte-Marie, du comté de Yarmouth, de Chéticamp, de l’Ile Madame, ou de Pomquet.  Si la Vallée de l’Annapolis a bien été la « première Acadie », de 1604 à 1755, et si elle occupe une place majeure dans l’histoire acadienne, elle ne compte pas à l’époque une communauté francophone bien nombreuse ou bien visible.  Ce qu’on voit le plus, ce sont les lieux historiques aux deux extrémités de la vallée : le Fort Anne et l’Habitation de Champlain à Annapolis Royal, le lieu historique de Grand Pré à Grand Pré, dans le « pays d’Évangéline ».  Ces sites ne sont alors « acadiens », cependant, qu’en partie dans leur fonctionnement ou dans leur gestion par le gouvernement fédéral.

Dans les années 1970-1980, la FANE, dont le siège social est déjà dans la région métropolitaine d’Halifax-Dartmouth, accepte de plus en plus une évidence : les emplois sont souvent, pour les francophones originaires de Nouvelle-Écosse ou d’autres parties du Canada comme du monde, dans des régions urbaines « mixtes » où se côtoient l’anglais majoritaire et le français minoritaire, comme à Halifax-Dartmouth ou à Sydney.  À l’époque, les francophones de la vallée qui veulent s’impliquer dans la FANE – ou dans tout autre organisme de la francophonie provinciale – sont obligés de le faire soit avec la région d’Halifax, soit avec la Baie Sainte-Marie.  C’est une période où plusieurs personnalités de la vallée sont impliquées activement dans des organismes provinciaux, dans des associations acadiennes du Nouveau-Brunswick, des organismes fédéraux, ou même à l’échelle internationale.  Leur présence permet d’affirmer que la francophonie n’est pas morte ou assimilée dans la région : mais, tout en utilisant les compétences et le « leadership » de ces quelques personnalités, il faut développer une véritable identité régionale et lui permettre de se doter de structures communautaires en français.

Les pôles de développement d’alors sont peu nombreux : un département d’Études Françaises à l’université Acadia, une petite école privée pour la compagnie Michelin, une petite école « de la base » pour les membres des Forces canadiennes à Greenwood, et les deux sites historiques.  Parfois un projet individuel assure un programme de télévision communautaire en français, ou des manifestations culturelles.  Certains écrivains donnent une vision de « leur » vallée.  Mais il faut se donner des structures communautaires plus durables…

La région est un centre historique majeur pour l’Acadie comme pour le Canada : des efforts considérables sont donc mis à partir des années 1980 dans le développement d’un lieu historique véritablement acadien à Grand-Pré, conjointement avec le développement des sites d’Annapolis Royal.  Ces efforts portent fruit, puisqu’aujourd’hui les touristes peuvent visiter dans ces deux sites des musées attrayants, y découvrir la région comme l’Acadie toute entière.  C’est d’ailleurs des représentants de toutes les régions acadiennes de l’Atlantique qui sont maintenant responsables de la gestion du site historique de Grand Pré.  Depuis les années 1980, de nombreuses activités culturelles ont eu lieu en français sur ce site symbolique du « Grand Dérangement » de 1755, un rôle poursuivi aujourd’hui par la petite association « Les Amis de Grand Pré », fondée à la fin des années 1980 sous l’impulsion de Barbara Leblanc et de Lucille Amirault, souvent en partenariat avec d’autres organismes locaux.  Durant le Congrès mondial acadien de 2004, les cérémonies de clôture à Grand-Pré ont rassemblé une foule considérable venue du monde entier.  Mais Port-Royal, site de la première installation française au Canada, a eu sa part de manifestations historiques majeures, que ce soit pour le 375e anniversaire de la Fondation de Port-Royal ou pour le 400e : chaque anniversaire et ses célébrations renforcent encore l’identité acadienne et francophone de la région, et ses liens avec la Louisiane et le reste du monde.

Sites historiques, musées ou cimetières ne suffisent pas, cependant, à assurer le développement d’une communauté vivante.  Avec un nombre de francophones croissant, en particulier entre Wolfville et Greenwood, les leaders ont choisi l’école comme pilier de développement.  L’ « école de la base » devenue l’école mixte « Russell C. Gordon » va faire au début des années 1990 place à une école acadienne « homogène », à laquelle on donne le beau nom de Rose-des-Vents, reconnaissant ainsi la diversité des origines des élèves francophones comme de leurs parents.  À partir du comité d’école consultatif (CÉC) se créent des comités scolaires (conseil étudiant, comité de parents) mais aussi un premier « comité régional » pour faire reconnaître la région par la FANE comme « région acadienne » au même titre que Halifax ou Sydney.  Des années de travail aboutissent à l’adoption par l’AGA de la FANE, en 1996, d’une motion présentée par Henri-Dominique Paratte et Marie Comeau qui reconnaît enfin la vallée, de Windsor à Digby, comme une région acadienne.  Du même coup, la FANE ouvre la porte aux régions de Truro et de la Rive Sud.  Encore faut-il développer cette région!  La vallée participe peu à peu, avec sa propre identité, aux « tables de concertation » avec le ministère du Patrimoine pour mieux définir les objectifs de la communauté acadienne de la province.

Par l’appartenance de l’école au Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), nous sommes aussi présents dans le développement des perspectives d’avenir pour la jeunesse acadienne et francophone : de nouveaux besoins s’affirment partout!  À Louis Cormier, premier représentant régional au CSAP puis directeur de Rose-des-Vents, succède Hélène Lavigne.  De nombreux bénévoles travaillent à assurer une présence de jeunes athlètes aux Jeux de l’Acadie, provinciaux ou atlantiques.  D’autres travaillent dans le secteur culturel, d’autres encore au sein de la Fédération des parents acadiens de la Nouvelle-Écosse, qui avait un représentant de Greenwood même avant la FANE.

Le « conseil régional » devient « Association francophone de la vallée » pour s’incorporer, et à partir de l’an 2000 plusieurs personnes tentent de résoudre peu à peu les nombreux problèmes d’une grande région dans laquelle la géographie rend difficile de réunir facilement les francophones.  Après des périodes de tâtonnement, une structure se met en place de façon plus stable à partir de 2003.  En 2006, avec l’existence d’un Centre communautaire Point de Mire à Greenwood, on peut envisager une nouvelle phase de développement.  Sites historiques, école, personnalités francophones reconnues à l’échelle de plusieurs associations provinciales ou nationales, artistes de renom, partenariats de plus en plus nombreux, intérêt croissant des anglophones pour les études en « immersion » et les cultures francophones, riche diversité de notre francophonie: la région est désormais bien partie dans son développement, la « première Acadie » connaît véritablement sa renaissance…
 

Nouvelles

25 mars 2010
Bonjour !  Oui, je parle français.

C'est le nouveau thème de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) dans sa campagne de sensibilisation à la fierté d'être francophone, de s'affirmer, et à l'importance de demander et d'offrir les services en français.
(voir Le Franc-Parler de mars 2010, page 14)

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Le Centre communautaire Point de Mire de Greenwood est situé au :

6, chemin Bedford
Greenwood, N.-É.
 B0P 1N0








Association des francophones de la vallée d'Annapolis